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Pourquoi mon chien mange les crottes du chat ?

Mis à jour le 26 juin 2026 · ⏱ 8 min · ✔ relu par un vétérinaire

Chien qui renifle autour d'un bac à litière de chat

Vous avez tout essayé. Vous lui avez dit non. Vous avez déplacé la litière. Vous avez grondé. Rien. Dès que le chat quitte le bac, votre chien est là — méthodique, enthousiaste, absolument imperturbable face à votre regard scandalisé. C'est probablement le comportement de chien le plus difficile à accepter pour les propriétaires qui cohabitent avec les deux espèces. La bonne nouvelle : c'est très courant, souvent sans gravité immédiate, et ça se gère. La moins bonne : il faut vraiment le gérer, parce que les risques sanitaires sont réels. Et parce que, soyons honnêtes, l'haleine qui suit n'arrange rien.

1. La coprophagie : un comportement instinctif, pas un signe de vice

Manger des excréments — les siens, ceux d'autres espèces, voire des deux — s'appelle la coprophagie. Chez le chien, c'est un comportement très répandu, documenté depuis des siècles, et qui plonge ses racines dans l'instinct de canidé sauvage. Dans la nature, les loups et les chiens sauvages consomment parfois des fèces d'herbivores pour récupérer des nutriments non digérés et des enzymes digestives.

Les crottes de chat sont particulièrement attractives pour les chiens, et ce n'est pas un hasard. Le chat est un carnivore strict dont l'alimentation est très riche en protéines animales. Son système digestif, moins efficace que celui du chien pour absorber certaines protéines, en laisse une quantité significative dans les selles. Pour le nez d'un chien — cent fois plus sensible que le nôtre — ces selles sentent la viande. Pas les excréments. La viande.

Ce n'est généralement pas le signe d'une carence nutritionnelle ni d'un problème psychologique grave. C'est souvent simplement que le chien trouve ça appétissant — de façon totalement sincère, sans aucune intention de vous dégoûter.

2. Pourquoi les selles du chat spécifiquement ?

Le contenu nutritionnel des selles de chat explique en grande partie pourquoi les chiens les ciblent préférentiellement. Les chats ont besoin de beaucoup de protéines animales de haute qualité, et leur nourriture — sèche ou humide — en contient une proportion élevée. Leur intestin n'absorbe pas tout : graisses et acides aminés partiellement digérés se retrouvent en quantité notable dans leurs excréments.

La litière elle-même ajoute un facteur d'attraction : les granulés absorbent et concentrent les odeurs, rendant le bac encore plus intéressant pour le chien que de simples selles au sol. Certains chiens sont fascinés même par une litière propre.

Les chiots sont particulièrement enclins à ce comportement, car ils explorent encore le monde avec la bouche et ont tendance à tout mettre en bouche. Beaucoup l'abandonnent spontanément en grandissant. Mais ceux qui ne l'abandonnent pas — soit parce que personne n'est intervenu, soit parce que l'habitude est bien ancrée — peuvent continuer à l'âge adulte sans la moindre diminution d'enthousiasme.

3. L'ennui et le manque de stimulation

Un chien qui manque d'activité physique ou de stimulation mentale cherche des occupations. La litière du chat, avec ses odeurs intenses et ses textures variées, est un terrain de jeu sensoriel très stimulant. Pour un chien qui s'ennuie, fouiller le bac est une activité — à défaut d'autre chose.

Si ce comportement s'est développé récemment chez un chien adulte qui n'était pas concerné avant, demandez-vous ce qui a changé dans sa routine. Moins de balades ? Moins de jeu ? Retour au travail après une période à la maison ? L'ennui est souvent la cause déclenchante, même quand l'appétit pour les selles de chat est aussi présent.

Augmenter l'activité quotidienne — balades plus longues, jeux de flair, jouets d'occupation comme les Kong, séances courtes d'apprentissage — réduit souvent ce comportement de façon significative, sans qu'on ait à interdire quoi que ce soit.

4. Les risques sanitaires réels à ne pas minimiser

Au-delà du dégoût — réel, légitime — ce comportement pose de vraies questions de santé. Les selles du chat peuvent contenir plusieurs pathogènes transmissibles au chien : Toxoplasma gondii (parasite responsable de la toxoplasmose), des œufs de vers intestinaux (ascaris, ankylostomes, tænia), des bactéries comme Salmonella ou Campylobacter.

Si le chat n'est pas vermifugé régulièrement — au moins deux à quatre fois par an selon son mode de vie — le risque de transmission parasitaire au chien via la coprophagie est réel. Un bilan parasitaire régulier du chien est aussi conseillé dans ce contexte.

Il y a un autre risque, moins évoqué : les litières agglomérantes. Composées de bentonite ou de silice, elles gonflent au contact de l'humidité. Ingérées régulièrement par le chien avec les selles, des granulés de litière peuvent se compacter dans le tube digestif et causer une obstruction partielle. Ce risque est proportionnel à la quantité ingérée et à la fréquence — un chien qui consomme peu et rarement est moins exposé qu'un chien qui fouille quotidiennement et avale des volumes significatifs de litière.

5. La solution la plus efficace : la barrière physique

Les approches comportementales (apprendre le « laisse », le « non », renforcer positivement l'éloignement) fonctionnent — mais seulement si vous êtes présent. Or la litière est souvent accessible quand vous n'êtes pas là. La solution la plus fiable, et de loin, c'est de rendre physiquement impossible l'accès du chien au bac.

Plusieurs options pratiques : installer la litière dans une pièce dont la porte reste entrouverte juste assez pour le chat mais pas pour le chien (un crochet ou une butée de porte suffit) ; placer le bac en hauteur sur un meuble ou dans un renfoncement accessible uniquement par un saut que le chat fait facilement mais pas le chien ; utiliser un bac avec une chatière intégrée ou une enceinte fermée avec une ouverture latérale dimensionnée pour le chat seulement.

Nettoyer la litière le plus souvent possible réduit aussi mécaniquement l'opportunité. Un bac nettoyé deux fois par jour est bien moins attractif qu'un bac laissé plusieurs jours. Beaucoup de propriétaires constatent que ce seul changement réduit significativement l'intérêt de leur chien.

6. Ce qu'on peut faire en complément

En parallèle de la barrière physique, travailler la commande « laisse » ou « non touche » avec le chien est utile pour les moments où vous pouvez surveiller. La méthode : le chien s'approche de la litière, vous dites « laisse » d'une voix ferme et calme. Dès qu'il s'éloigne, il reçoit une friandise de haute valeur. Répété régulièrement en votre présence, cet apprentissage peut devenir un réflexe.

Des compléments alimentaires existent sur le marché, promettant de rendre les selles du chat repoussantes pour le chien (soufre, glutamate, divers acides). Les résultats sont très variables et souvent décevants — la plupart des vétérinaires les considèrent comme peu fiables. Ne comptez pas sur eux comme solution principale.

Enfin, si vous suspectez que l'ennui est la cause principale, concentrez-vous sur l'enrichissement de la vie quotidienne de votre chien : un chien mentalement et physiquement stimulé a généralement moins besoin de chercher des occupations alternatives.

7. Quand ce comportement signale autre chose

Dans de rares cas, une coprophagie très intense ou nouvellement apparue chez un chien adulte qui n'était pas concerné avant peut signaler un problème de malabsorption digestive. Le chien mange ses selles ou celles d'autres animaux parce qu'elles contiennent des nutriments que son intestin n'a pas absorbés — signe que son alimentation ou son tube digestif ne fonctionnent pas optimalement.

Si le comportement est récent, intense, et s'accompagne de selles molles, de perte de poids, ou d'un appétit anormalement augmenté, une consultation vétérinaire avec bilan copro et sanguin est justifiée. Le plus souvent, on ne trouvera rien d'anormal — mais ça vaut la peine de vérifier avant de conclure à un simple comportement instinctif.

🩺 Quand faut-il vraiment s'inquiéter ?

Consultez un vétérinaire si vous observez l'un de ces signes :

  • ⚠️Le chien présente des vomissements, diarrhées répétées ou perte de poids après avoir fréquenté régulièrement la litière.
  • ⚠️Le cat n'est pas vermifugé et le chien consomme fréquemment ses selles — risque parasitaire réel.
  • ⚠️Le chien ingère des quantités visibles de granulés de litière agglomérante.
  • ⚠️La coprophagie est apparue soudainement chez un chien adulte sans antécédent, avec d'autres signes digestifs.

❓ Questions fréquentes

Est-ce dangereux pour mon chien de manger les crottes du chat ?

Potentiellement oui. Les selles de chat peuvent contenir des parasites (Toxoplasma, vers) et des bactéries. Les granulés de litière agglomérante ingérés peuvent causer des problèmes digestifs. Vermifugez le chat régulièrement, et bloquez l'accès à la litière autant que possible.

Comment empêcher mon chien de manger dans la litière du chat ?

La barrière physique est la méthode la plus efficace : porte entrouverte pour le chat uniquement, bac en hauteur, enceinte fermée avec chatière. Nettoyer la litière très fréquemment réduit aussi l'opportunité. Les répulsifs comportementaux sont peu fiables en comparaison.

Mon chien mange aussi ses propres crottes, est-ce le même problème ?

Pas exactement. Manger ses propres crottes peut indiquer de l'ennui, un manque de propreté du lieu de vie, ou une malabsorption digestive. Manger les selles du chat, c'est généralement l'attrait pour les protéines animales non digérées. Les deux méritent d'être adressés, mais les stratégies diffèrent.

Mon chien a mangé dans la litière du chat, que faire maintenant ?

Un épisode isolé : surveiller les selles et le comportement du chien dans les 24-48h. Si aucun signe anormal (vomissements, diarrhée, apathie), pas d'inquiétude immédiate. Si c'est fréquent, mettez en place une barrière physique et vérifiez que le chat est bien vermifugé.

En résumé

La litière du chat comme buffet pour chien, c'est l'une des réalités les moins glamour — mais les plus courantes — de la cohabitation chien-chat. Ce comportement est compréhensible d'un point de vue instinctif, même si c'est difficile à accepter. La bonne nouvelle : il se gère bien avec les bonnes mesures, principalement la barrière physique et un nettoyage régulier du bac. Les risques sanitaires sont réels mais contrôlables avec un vermifugé régulier du chat et une surveillance des signes digestifs du chien. Le reste, c'est de la logistique — et un peu de résignation.

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⚠️ Cet article est informatif et ne remplace en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute, contactez un professionnel.

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