Comment savoir si mon chat a des vers ?
Mis à jour le 27 juillet 2026· 7 min· sources vétérinaires citées

Un matin, vous repérez près du panier ce qui ressemble à un grain de riz sec. Il bouge. Voilà comment beaucoup de propriétaires découvrent que leur chat a des vers — par hasard, alors que l'animal semblait en pleine forme. Le reste du temps, le parasitisme intestinal avance masqué : un peu moins de tonus, un poil terne, des selles molles de temps en temps. Rien qui déclenche une consultation. C'est pour cela qu'on raisonne moins en « mon chat a-t-il des vers ? » qu'en « mon chat est-il correctement protégé compte tenu de sa vie ? ».
1. Les signes qui doivent vous alerter
Les plus fiables sont visuels : des filaments blancs dans les selles ou dans un vomissement, ou de petits segments blancs, mobiles, ressemblant à des grains de riz, collés autour de l'anus ou sur le couchage. Ajoutez-y le chat qui se frotte l'arrière-train sur le sol, un besoin de se lécher sans arrêt sous la queue, et vous avez le tableau typique du ténia.
Les signes indirects sont plus discrets : poil terne et piqué, appétit augmenté sans prise de poids, diarrhée qui va et vient, vomissements répétés, ventre rond chez un chaton par ailleurs maigrichon. Un chat qui maigrit alors qu'il mange bien mérite qu'on pense aux parasites — parmi d'autres causes. Chez le chaton, une infestation lourde freine la croissance et fatigue réellement l'animal.
2. Les vers ronds : les fameux « spaghettis »
Le plus répandu s'appelle Toxocara cati, un ascaris. Il ressemble à un long spaghetti blanc ou jaunâtre de 4 à 10 cm, qu'on retrouve parfois vomi par un chaton. Sa fréquence est frappante : selon les données d'ESCCAP, il est présent chez 25 à 75 % des chatons en France selon les régions.
La raison de cette fréquence tient à sa transmission. Le chaton peut être contaminé par le lait de sa mère, et l'adulte s'infeste en ingérant des œufs présents dans l'environnement ou en chassant des proies. Un chat d'intérieur n'est pas totalement à l'abri : les œufs peuvent entrer sur les semelles de chaussures. Chez le chaton, un ventre gonflé et rond sur un corps mince est même l'un des signes les plus classiques d'infestation par les ascaris.
3. Les vers plats : le ténia arrive avec les puces
Les segments façon grains de riz autour de l'anus signent un ténia, le plus souvent Dipylidium caninum. Et là, une information change tout : ce ténia se transmet par les puces. Le chat avale une puce infectée en se toilettant, et le parasite se développe dans son intestin.
La conséquence pratique est essentielle : vermifuger un chat qui a des puces sans traiter les puces revient à vider une baignoire sans fermer le robinet. Le ténia reviendra. Un chat qui présente régulièrement des segments blancs doit donc recevoir un traitement antiparasitaire externe en même temps que le vermifuge, avec un traitement de l'environnement si l'infestation par les puces est installée. L'autre voie d'infestation, c'est la chasse : un chat qui rapporte des proies s'expose aussi via les rongeurs.
4. Pourquoi des selles normales ne prouvent rien
C'est le malentendu le plus répandu. Beaucoup de vers ne sont jamais éliminés visibles : seuls leurs œufs, microscopiques, partent dans les selles. Vous pouvez donc examiner la litière tous les jours pendant un mois et ne rien voir alors que votre chat est parasité. Un chat en apparente bonne santé, au beau pelage, peut parfaitement héberger des ascaris.
Si vous voulez une réponse objective, il existe un examen simple : la coproscopie. On apporte au vétérinaire un prélèvement de selles — idéalement collecté sur trois jours consécutifs, car l'émission d'œufs est irrégulière — et le laboratoire recherche les œufs au microscope. C'est l'alternative à la vermifugation systématique pour ceux qui préfèrent traiter uniquement quand c'est nécessaire.
5. À quelle fréquence vermifuger, et pourquoi c'est aussi une question de santé humaine
Les recommandations européennes d'ESCCAP servent de référence. Pour les chatons : un premier traitement dès 3 semaines, puis à 5, 7 et 9 semaines, puis tous les mois jusqu'à l'âge de 6 mois. Pour un chat adulte : au moins 4 fois par an, soit tous les trois mois. Le rythme se module selon le mode de vie — un chasseur qui sort tous les jours n'a pas le même risque qu'un chat d'appartement strict. Et lorsque le foyer compte de jeunes enfants ou une personne fragile, un traitement toutes les 4 à 6 semaines est conseillé pour supprimer le risque de contamination de l'environnement.
Car il y a un enjeu au-delà du chat : les œufs de Toxocara peuvent contaminer l'humain, en particulier l'enfant qui joue là où le chat a fait ses besoins. On parle alors de toxocarose, ou syndrome de larva migrans. Chez l'adulte en bonne santé, l'infection passe souvent inaperçue ou ressemble à un état grippal ; chez l'enfant, les formes graves restent rares mais existent, avec des atteintes oculaires ou neurologiques. Les gestes qui protègent tout le monde sont simples : se laver les mains après la litière, la nettoyer chaque jour, couvrir les bacs à sable des jardins, et vermifuger selon un rythme adapté. Un vermifuge n'a d'ailleurs aucun effet préventif au-delà du jour où on le donne : il purge, il ne protège pas pour les trois mois à venir — d'où l'importance de la régularité.
Quand faut-il vraiment s'inquiéter ?
Consultez un vétérinaire si vous observez l'un de ces signes :
- Vous voyez des vers dans les selles, dans un vomissement, ou des segments blancs autour de l'anus.
- Un chaton a le ventre gonflé, la croissance ralentie ou une diarrhée persistante.
- Le chat maigrit ou reste maigre alors qu'il mange normalement, voire davantage.
- La diarrhée dure plus de 48 h, ou contient du sang ou du mucus.
- Le chat est abattu, a les gencives pâles (anémie possible sur forte infestation).
- Le chat a des puces : un traitement antiparasitaire externe doit accompagner le vermifuge.
Questions fréquentes
Un chat d'intérieur peut-il avoir des vers ?
Oui, même s'il est moins exposé. Les œufs de parasites peuvent entrer dans la maison sur les semelles de chaussures, sur les vêtements, ou via des insectes. Un chaton peut aussi avoir été contaminé par sa mère avant son adoption. La fréquence de vermifugation d'un chat strictement d'intérieur peut être allégée par rapport à celle d'un chasseur, mais elle ne tombe jamais à zéro : c'est à discuter avec votre vétérinaire.
Peut-on attraper les vers de son chat ?
Certains parasites du chat sont transmissibles à l'humain, notamment Toxocara cati, responsable de la toxocarose. La contamination se fait par ingestion d'œufs présents dans l'environnement souillé, pas par un câlin. Les enfants sont les plus exposés parce qu'ils portent les mains à la bouche après avoir joué au sol ou dans le sable. Lavage des mains, litière nettoyée quotidiennement et vermifugation régulière suffisent à réduire fortement ce risque.
Un vermifuge naturel (ail, terre de diatomée, graines de courge) est-il efficace ?
Aucun de ces produits n'a démontré d'efficacité contre les vers du chat, et certains posent problème : l'ail, notamment, est toxique pour le chat et n'a rien à faire dans sa gamelle. Les vermifuges vétérinaires sont des médicaments dont l'efficacité est mesurée sur des espèces de parasites précises. Se reposer sur une solution non prouvée, c'est laisser une infestation évoluer tranquillement.
Faut-il vermifuger un chat qui n'a aucun symptôme ?
C'est justement le principe : la plupart des chats parasités ne montrent rien. Deux stratégies sont acceptables. Soit on vermifuge régulièrement selon le mode de vie, ce qui est la démarche la plus simple. Soit on fait une coproscopie et on ne traite qu'en cas de résultat positif, ce qui demande d'y penser régulièrement. Attendre les symptômes n'est en revanche pas une stratégie.
Mon chat a vomi un ver, dois-je consulter ?
Un ver vomi est le signe d'une infestation suffisamment importante pour qu'un traitement adapté soit nécessaire, plutôt qu'un vermifuge choisi au hasard en animalerie. Appelez votre vétérinaire en décrivant l'aspect du ver — long comme un spaghetti, ou en petits segments — car les molécules efficaces diffèrent selon qu'il s'agit de vers ronds ou de vers plats. Chez un chaton, ne tardez pas.
Les vermifuges protègent-ils pendant trois mois ?
Non, et c'est un point souvent mal compris. Un vermifuge agit le jour où il est administré : il élimine les vers présents à ce moment-là, puis n'a plus d'effet. Le chat peut se réinfester dès le lendemain s'il chasse ou avale une puce. Le rythme trimestriel n'est donc pas une protection continue, c'est un rythme qui empêche les infestations de s'installer et de contaminer l'environnement.
En résumé
Repérer les vers de son chat repose sur trois observations : ce qu'on voit (spaghettis dans les selles ou les vomissements, grains de riz autour de l'anus), ce qu'on remarque indirectement (poil terne, ventre rond du chaton, diarrhée intermittente, amaigrissement malgré l'appétit), et ce qu'on ne verra jamais — la majorité des infestations, qui ne s'expriment que par des œufs microscopiques. C'est pour cette dernière raison qu'on vermifuge selon un rythme adapté au mode de vie plutôt qu'en attendant des signes : chatons tous les mois jusqu'à 6 mois, adultes au moins quatre fois par an, et davantage en présence de jeunes enfants. Et si votre chat a des puces, traitez les deux : le ténia arrive avec elles.
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Cet article est informatif et ne remplace en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute, contactez un professionnel.


